Projet intégrateur : idéation

ArticlePause

Dans le cadre du programme Pause, les participants ont travaillé en collaboration avec la Ville de Montréal, le Laboratoire d’innovation urbaine de Montréal, des organismes communautaires et l’agence de communications lg2. Leur mission: utiliser le processus de Design thinking afin de développer un concept permettant d’améliorer la qualité de vie hivernale dans le quartier Montréal-Nord tout en ayant un impact social et solidaire pour valoriser, animer et habiter l’espace entourant le Parc-école Lester B. Pearson. Pour témoigner du travail accompli par la cohorte, nous présentons une série d’articles mettant en lumière le processus créatif et les échanges entre les Pausiens et les intervenants. 

Au tour de découvrir l’idéation, la troisième étape du processus d’idéation avec Hélène Godin, cheffe de la création et cofondatrice de la Factry et les finissants de Pause, Sarah Brunin Brouillette et Thomas Chenel. 

Trouver son rythme 

Ça y est, vous avez complété la phase d’empathie et vous vous êtes entendus sur un brief inspirant et concis! C’est le temps de brainstormer! Si le projet intégrateur a permis à nos Pausiens de déboulonner un mythe, il s’agit bien de celui du temps nécessaire pour trouver des idées! 

Pour Thomas, il s’agit de ne pas vouloir aller trop vite : « Dans le passé, je me suis souvent accroché à la première idée, comme si c’était le flash du siècle. Je passais mon temps à vouloir passer à autre chose et à ne pas écouter les idées des autres, comme si rien de mieux pouvait sortir! » Pour éviter de toujours revenir à ces premières idées, Thomas propose d’expérimenter : «  Il existe de nombreuses méthodes d’idéation et toutes les méthodes ne fonctionnent pas pour tout le monde. Il faut en essayer plusieurs pour trouver ce qui marche pour soi. En changeant de technique, on explore de nouveaux territoires créatifs! »

«Il faut s’imposer des contraintes en création pour ne pas paralyser.  La création vit bien avec des limites : il faut se donner un cadre et une structure. Mais il faut que ça soit organisé. Ce n’est pas une grande page blanche! », explique Hélène.

Le stress de la page blanche n’est pas étranger à Sarah : « Avant j’avais l’impression que ça devait aller vite, sinon c’était de la procrastination! Maintenant, j’accepte que ce soit un moment important dans le processus de création. J’ai besoin de prendre du temps pour faire germer mes idées!»

Des idées à profusion 

Comment s’assurer d’avoir une séance d’idéation prometteuse? 

Sarah ouvre le bal.  « Ce que je garde en tête, c’est que les idées, elles sont fragiles et vulnérables. Il faut rester ouvert face à soi, à l’inconnu et aux autres. Il faut les dire et les noter pour ne pas les oublier. Il faut amplifier celle des autres pour les solidifier. Mon mot que je garde en tête pour cette étape c’est oser! Dans l’étape du brief, on développe une question ambitieuse qui sert de base. Elle ne porte pas ce nom-là pour rien! Elle sert à sortir des idées porteuses!  », a-t-elle expliqué. 

Pour Thomas, tout commence par se rappeler qu’il n’y a pas de mauvaises idées à ce stade-ci, qu’au contraire, «il faut se donner la liberté de dire tout ce qu’il nous passe par la tête, sans contrainte ou peur du ridicule! On ne sait jamais ce qu’il va inspirer quelqu’un  ».  Selon Sarah : « Un des plus grands moteurs de l’idéation est d’être capable d’être à l’écoute des idées des autres et de rebondir dessus. Il est important de plonger tout le monde dans le même mindset. Les idées sont à tout le monde et c’est ensemble qu’on les précise, les affine, les explose. Il n’y a pas de place à l’égo. Il faut savoir faire preuve de divergence et visiter tout le spectre.  »

Hélène précise qu’il faut encourager le plus grand nombre d’idées possible, éviter d’ignorer les idées qui semblent frappantes ou faciles et examiner chaque idée avec un regard nouveau. « Gardez en tête qu’une bonne idée est un concept simple. Si votre idée ne peut pas tenir sur quelques mots ou un dessin sur un post-it, elle doit être travaillée. Il faut que ça frappe l’imaginaire. »

Crédit : Myriam Baril-Tessier

Stop ou encore ? 

Votre espace de travail d’équipe déborde de post-it! Quand savoir si on a assez d’idées? Si elles sont assez poussées? Est-il temps de statuer sur les plus prometteuses ou bien de continuer de creuser? Quand et comment faire le tri?

« Après la divergence, il faut faire preuve de convergence en regroupant les idées dans des territoires créatifs communs et en se donnant des critères pour décider en équipe des idées avec le plus de potentiel. C’est tout un défi que de refermer l’entonnoir! C’est pour cette raison qu’on utilise l’outil de la matrice de sélection. Ça permet en groupe d’arriver à un consensus où l’on prend en compte le rationnel et l’émotif. » , rappelle Hélène Godin.

Pour Sarah, il s’agit du plus grand défi de cette étape. « C’est encore difficile pour moi de savoir à quel moment on doit arrêter de sortir des idées. Je suis incapable de faire un choix! Dans mon cas, je dois apprendre à arrêter de spinner! Quand je suis dans cet état, je dois prendre le moment d’arrêter, sinon je me mets à douter de tout! »

Hélène complète : « Le doute asphyxie les idées! C’est bienvenu de douter, mais à un moment donné, il faut trancher. L’idéation demande à la fois d’installer un filet de sécurité et de faire preuve de bienveillance et de critiquer les idées des autres et prendre des décisions. Il faut aussi développer l’humilité que choisir une idée n’est jamais une finalité. L’idéation ce n’est pas un processus linéaire. On peut prendre des pauses ou revenir en arrière. Il faut avoir le courage de revenir en arrière.»

Prochaine étape, le prototype! « Rappelez-vous : avoir des idées c’est simple, passer à l’action, c’est autre chose!», conclut Hélène. 

Les 3 A en vrac 

Tout au long du projet intégrateur, les Pausiens se sont autoévalués chaque semaine en prenant le temps de réfléchir à ce qu’ils ont le plus apprécié, ce qu’ils ont appris et ce qu’ils appliqueront à l’avenir. Voici les acquis de Sarah et Thomas sur cette étape. 

Qu’est-ce que vous avez le plus apprécié de cette étape?

Sarah – Créer des liens entre des mots ou des idées. J’ai vraiment beaucoup de plaisir à converger deux concepts qui semblent éloignés pour faire éclore une nouvelle idée. 

Thomas – J’étais lâche dans mes idées avant Pause! Je tombais amoureux de la première idée qui marchait! J’ai adoré apprendre à pousser plus loin mes réflexions!

Qu’est-ce que vous avez appris?

Sarah – Regrouper et classer des idées ensemble pour faire un choix éclairé.

Thomas – L’égo n’a pas de place en idéation : les idées sont à tout le monde! Moi j’avais ce défaut-là et j’en ai pris conscience. 

Qu’est-ce que vous aimeriez appliquer avec le recul que vous avez maintenant?

Sarah – Améliorer ma capacité à converger et me permettre d’expérimenter la vélocité à petite, moyenne et grande échelle. 

Thomas – Prendre des notes et garder des traces de mon idéation! Ça me permet de reculer et valider qu’en avançant dans le projet, on garde l’essence de l’idée. Je m’assure aussi de pouvoir toujours capturer mes idées. Je passe maintenant mon temps à gribouiller et à prendre en note mes flashs!

 

Crédit photo : Clovis Henrard, finissant de la première cohorte de Pause.

Stéphanie Lebon

Directrice communications et marketing, Factry

Au cours des dernières années, Stéphanie a défini, élaboré et géré des campagnes d’envergure au sein d'agences de renom. Active dans l’industrie, elle s’exprime sur les enjeux de diversité, de relève et de bien-être à travers ses billets d’opinions et ses implications bénévoles. À la Factry, Stéphanie a comme mandat de concevoir et piloter l’ensemble des activités de marketing et de communications.